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Un «trait d’union» a créé des liens virtuels !

Par Pierre Rochette  •  11 Mai 2020 à 00:04  •   •   62 VISIONNEMENTS

Récemment, la Chambre de commerce de Charlevoix et ses partenaires ont tenu quatre rencontres virtuelles « Trait d’union » entre les entreprises.

Vingt-cinq entreprises et une quinzaine de partenaires des milieux économiques et politiques ont profité de ces échanges pour discuter des problématiques rencontrées pendant la crise et des pistes de solutions en vue de la relance économique accompagnant le déconfinement amorcé.

Les quatre rencontres ont rassemblé des entreprises en agriculture et agroalimentaire, des entreprises manufacturières, industrielles ou de construction, des entreprises de services et des commerces de détail. À chaque rencontre, des attachés politiques des deux députées, ainsi que des représentants des deux MRC et de la SADC Charlevoix étaient présents.

La réaction des entrepreneurs, heureux de se retrouver après plusieurs semaines d’isolement, a rappelé l’importance du réseautage, même virtuel! D’ailleurs, alors qu’une entreprise déplorait la difficulté d’approvisionnement en équipement personnel de protection (masques, gants, etc.), une autre offrait ses propres stocks achetés en quantité plus que suffisante.

En plus de participer aux rencontres virtuelles, les entreprises ont rempli un questionnaire permettant à la Chambre de commerce de Charlevoix de dresser un portrait de la situation.

On y apprend que 80% des répondants ont subi des impacts significatifs ou importants de la crise.

Pour la majorité d’entre eux, les pertes de revenus et le manque de liquidités, les inquiétudes concernant les normes sanitaires, ainsi que la difficulté de planifier l’avenir sont des enjeux importants.

Des réalités différentes selon les secteurs économiques

La crise a frappé différemment les divers secteurs économiques sondés.

L’industrie agroalimentaire semble, pour l’instant, moins affectée. Plusieurs producteurs et transformateurs ont compensé les pertes de revenus provenant habituellement de la restauration par une augmentation des ventes en épicerie.

Toutefois, la pénurie de travailleurs saisonniers, dû à la fermeture des frontières commence à les inquiéter sérieusement.

Les commerces de détail, sauf ceux dits essentiels, vivent des heures sombres ayant perdu la presque totalité de leur revenu depuis le début de la pandémie.

La réouverture est vue d’un bon œil, sauf pour les commerçants dont les boutiques sont logées dans les centres commerciaux, à qui on a refusé l’entrée de la clientèle par les portes de service.

La majorité des grandes entreprises manufacturières et industrielles du territoire étaient présentes à la rencontre sectorielle.

Chacune d’entre elles a fait état d’une réalité différente allant de mise à pied massive jusqu’au maintien de 100% des emplois.

Toutefois, toutes conviennent que les mesures sanitaires et celles imposant la distanciation sociale leur ont imposé un remaniement de la chaîne de production qui s’est avéré couteux et complexe.

C’est au niveau des entreprises de services que les disparités ont été les plus significatives.  Le secteur des assurances et services financiers a poursuivi ses activités avec quelques ajustements pour favoriser le télétravail.

De leur côté, les entrepreneurs en communication Web ont obtenu plusieurs mandats pour des boutiques en ligne à réaliser en urgence, alors que ceux qui travaillent dans des créneaux plus traditionnels ont vu leur chiffre d’affaires baisser d’environ la moitié.

De leur côté, les entreprises de service en événementiel ont perdu la totalité de leur revenu. Ces petits entrepreneurs se disent d’autant plus touchés qu’ils opèrent souvent avec un statut de travailleur autonome qui les empêche d’avoir accès à la plupart des aides financières gouvernementales.

Rappelons que les entreprises touristiques, frappées de plein fouet par la crise, pouvaient participer à des rencontres sectorielles similaires, organisées par Tourisme Charlevoix.

Penser local d’abord et plus que jamais

Certaines entreprises tirent tout de même leur épingle du jeu, bénéficiant de l’intérêt accru de la population pour l’achat local, particulièrement en alimentation.

Car, en effet, « la reprise économique passera, plus que jamais, par l’achat local » mentionne Johanne Côté, directrice générale de la Chambre de commerce de Charlevoix. Ce message, martelé notamment par la Chambre depuis longtemps, est devenu celui de toutes les instances gouvernementales et économiques. « Le fait de penser local d’abord pour ses produits et ses services fera, au cours des prochains mois, la différence entre la survie et la fermeture de plusieurs entreprises », a affirmé le président de la Chambre de commerce, Raphaël Dubois.

Planifier la sortie de crise

L’adoption de nouvelles normes de salubrité occupe une part importante des préoccupations des entrepreneurs. Tous s’adaptent et sont prêts, ou le seront bientôt, à accueillir leur personnel et leur clientèle tout en assurant la santé et la sécurité de chacun.

Toutefois, l’idée d’un bottin collectif de produits sanitaires, de même que la transmission de consignes claires et uniformes est ressortie à plusieurs reprises dans les discussions.

Adoptée par plusieurs commerces de détails et restaurateurs depuis quelques semaines, la vente en ligne et la livraison ont permis la survie de ces entreprises pendant la crise.

Cependant, quand on considère que nombreux sont les propriétaires de petites entreprises qui assurent eux-mêmes le suivi des commandes et la livraison, le poids des responsabilités et les exigences en temps et en énergie sont éprouvants. On a ainsi vu se dégager des Traits d’union une nécessité de concertation pour la vente en ligne autant que pour la livraison et le transport.

Dans la foulée de l’achat local, l’idée de mettre sur pied une plateforme de disponibilité de produits agroalimentaires en temps réel a été suggérée afin de faciliter l’arrimage entre les restaurateurs, les producteurs maraîchers, les éleveurs et les transformateurs.

Des demandes aux autorités

Les entrepreneurs sont nombreux à adresser des requêtes aux divers paliers de gouvernements. On a ainsi vu se détacher les besoins pour soutenir la sortie de crise : encourager le retour à l’emploi par le ralentissement des mesures d’aide individuelles, offrir des supports financiers à l’innovation, aider financièrement et logistiquement les entreprises dans l’adoption des mesures sanitaires nécessaires, supporter la commercialisation et le marketing des commerçants.

Il a également été souligné que certains entrepreneurs n’entrent pas dans les critères des différents programmes d’aide proposés jusqu’ici.

« Depuis le début de la crise, nous avons porté le message des entrepreneurs auprès des autorités gouvernementales et nous continuerons à le faire avec acharnement » ajoute la directrice de la Chambre, ajoutant d’emblée qu’elle remercie les députées régionales de leur écoute.

Enfin, pour Charlevoix, la question de la qualité des connexions internet, indispensables au télétravail et aux contacts, est revenue plus que jamais dans les enjeux économiques et sociaux, de même que dans les requêtes aux gouvernements :

« Le télétravail doit d’ailleurs être encouragé par des soutiens aux entreprises pour faciliter son implantation. C’est le cas pendant la crise, mais également pour la suite. Le télétravail contribue à la diminution des gaz è effet de serre, à la conciliation travail-vie personnelle et à l’efficacité dans plusieurs cas » soutient le président de la Chambre de commerce régionale.

Créer des liens virtuels entre les acteurs

Au cours des prochaines semaines, la Chambre de commerce tentera de trouver des porteurs de ballon afin de favoriser la réalisation de certaines des idées encore orphelines, lancées lors de ces rencontres « Trait d’union » :

« Nous souhaitons partager le plus d’informations possibles sur les initiatives en démarrage afin de mobiliser les acteurs, éviter le travail en silo et les doublons inutiles. Nos énergies sont précieuses, les ressources limitées et les besoins, immenses. Il faut travailler ensemble » lance la directrice de la Chambre.

 Partager l’information, pas le virus!

La Chambre de commerce de Charlevoix tient à jour une page spéciale « Covid-19 » sur son site Web : creezdesliens.com/covid-19 afin de tenir informés les entrepreneurs des diverses ressources et mesures qui s’adressent à eux et à leurs employés pour contrer la crise. Aussi, des infolettres régulières, ainsi que la page Facebook et le site Web de la Chambre, permettent aux membres de communiquer les diverses façons par lesquelles nous pouvons tous les soutenir malgré les fermetures.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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